Dans un article précédent, Think it Social vous présentait brièvement les nouvelles fonctionnalités des pages Facebook de marques version Timeline.
Mettons-nous maintenant côté utilisateur Facebook :
Au-delà de la présentation type Timeline identique à celle des futures pages de marques (qui pour rappel seront obligatoires au 31 mars), l’utilisateur peut voir en temps réel l’activité de ses amis ou des pages de marques/enseignes/produits qu’il affectionne. Ci-dessous, on peut voir que l’agence Influence digitale a ajoutée une photo à son album sur Facebook, et je peux voir cette même photo en aperçu :
Jusqu’ici pas de quoi casser trois pattes à un Canard me diriez-vous. Et bien détrompez-vous !
Ce que vous voyez de l’activité de vos amis ne se limite plus seulement à ce qu’ils font au sein même de Facebook mais également aujourd’hui à ce qu’ils font « en-dehors » du système Facebook.
Comment ? Grâce à l’Open Graph
L’Open Graph, c’est en quelque sorte l’exemple parfait du Web sémantique. Dans une interview accordée au journal du net Jeremy Benmoussa de l’agence Up2Social résumait la logique de l’Open Graph :
« Pour comprendre la logique de l’Open Graph, il faut se dire que notre profil Facebook n’est pas une simple carte d’identité, c’est un profil social intégrant la totalité de nos informations et celles de nos relations. L’Open Graph est donc un ensemble de métadonnées, qui grandissent au fil de son intégration sur des sites tiers. N’importe quel éditeur de site tiers pourra alors les exploiter dès que l’internaute se connecte sur son site avec le Facebook Connect. »
Grâce à une connexion unique avec mes identifiants Facebook sur un site tiers ayant été « opengraphié » (veuillez excuser cet abus de langage que je réutiliserai beaucoup) et disposant d’un bouton de connexion Facebook Connect , l’ensemble de mes actions sur des objets du site que je visite seront retransmis sur Facebook. Par actions et objets j’entends par exemple « lire un article », « écouter une musique »…
Si tout cela vous semble encore un peu trop flou, rien de tel qu’un bon cas pratique. Je vais m’intéresser ici au site internet Cinémur. Ce site a souvent été cité en exemple car il a le mérite d’utiliser au mieux la majorité des fonctionnalités proposées par l’Open Graph.
Sur l’exemple imagé ci-dessus, je suis connecté sur le site de Cinémur via mes identifiants Facebook. Dorénavant, toutes mes actions sur ce site seront retransmises sur le fil des activités du profil de mes amis comme ci-dessous :
Et, sur le site Cinémur, je peux voir quels films ont été commentés par mes amis (leur likes, les vidéos youtube qu’ils ont pu poster par rapport à ce film sur Facebook tout en restant sur le site de Cinémur…) :
Cet ensemble d’échange de métadonnées entre le profil d’une personne et son activité est une incroyable opportunité pour les marques d’augmenter considérablement leur volume d’audience mais également de proposer une expérience interactive complètement sociale pour le fan : un moyen de fidélisation supplémentaire.
Mais cela ne s’arrête pas là. Si, par curiosité, vous souhaitez utiliser l’application de Cinémur sur Facebook vous êtes tout simplement redirigé vers le site Cinémur directement…quel intérêt me diriez vous ? C’est en effet là où cela se corse un peu…
Quelle stratégie Facebook adopter en 3 étapes
Imaginons une marque ayant un site vitrine non opengraphié et sans fonctions sociales. Celle-ci peut, à moindre niveau, se créer une page fan afin de créer une audience supplémentaire et rediriger vers son site internet. Mais si la marque décide d’aller plus loin dans sa démarche sur Facebook, je vois 3 choix ou étapes possibles :
- Créer une application ludique sur Facebook : un jeu, un questionnaire, une série d’articles, tout est imaginable : une application sur Facebook ce n’est rien de plus que l’appel d’une page internet (XHTML, PHP…) que j’ai adapté au format de la fenêtre de Facebook. C’est un peu comme si je développais un mini-site uniquement accessible sur Facebook. Bien sûr, il existe un tas d’applications sur Facebook ayant chacune des niveaux de complexité différents.
- Créer cette même application en « l’opengraphiant » de manière à ce que tout internaute l’utilisant sur Facebook voit son activité apparaitre dans le fil d’actus de ses amis : Massimo a utilisé l’application de Tartanpion ou Massimo aime l’application Questionnaire de la société Tartanpion : ici tous mes amis voient mon activité dans leur fil d’actu en temps réel : c’est donc une publicité gratuite pour l’application de la page de marque et la possibilité d’obtenir de nouveaux fans qui partagent les mêmes centres d’intérêts que moi.
- Choisir d’opengraphier l’ensemble de son site vitrine comme le fait Cinémur et finalement le site lui-même devient une composante interne/externe de Facebook exactement au même titre qu’une application. C’est le choix de Cinémur.
Bien sûr, le développement d’un tel site a un coût qui n’est pas à la portée de toutes les entreprises. Cependant, l’étape 2 ci-dessus est déjà un très bon début si vous souhaitez augmenter votre audience.
Et le mobile dans tout ca ?
L’autre grand chamboulement, c’est la possibilité d’accéder aux applications via Facebook Mobile : exit l’App store ou l’Android Market (ndlr : devenu récemment Play Store), j’accède à des applications Facebook, à condition que celles-ci soient normées pour les mobiles (Think it Social vous invite à tester, là encore, l’application Cinémur, Mashable, Soundcloud…depuis votre Facebook mobile).
Je peux désormais voir l’activité de mes amis sur ces applis, chose auparavant impossible sur Facebook Mobile.
Il y a donc de l’avenir pour le métier de développeur, et les marques ont un immense terrain de jeu digital qu’il faut certes savoir apprivoiser mais qui permet réellement d’établir des rapports optimisés avec le client final.
Notre analyse de ces changements
D’un point de vue purement Digital, il est intéressant de voir l’écosystème qu’essaye de mettre en place Facebook qui souhaite en quelque sorte « englober » les marques et annonceurs via les apps et l’open graph mis à disposition des développeurs. Cet écosystème est un exemple intéressant de Web sémantique car finalement tout est identifié : l’application a un « ID » (série de chiffres), tout comme le profil utilisateur qui à son propre ID.
D’un point de vue Marketing, c’est un boulevard : Vous pouvez aujourd’hui avec des efforts budgétaires minimes toucher une audience considérable tout en profitant des outils de mesures proposés par Facebook. Vos actions push sont mieux mesurables, tout comme le ROI de vos campagnes. De plus, l’accessibilité mobile que j’évoque plus haut peut vous permettre d’offrir une nouvelle forme de relation client : celui-ci est en magasin, il accède par exemple à l’application levi’s qui lui permet de voir tous les avis de ses amis sur un produit, ce qui lui permet de mieux faire son choix.
D’un point de vue Humain, nous ne sommes plus qu’une série de chiffres… Certes, chacun fait le choix de se connecter ou non à Facebook. Il faut tout de même soulever ce que j’appellerais être « le zip » de facebook. En effet d’un côté, le réseau social semble « s’ouvrir » car il permet aux marques une meilleure visibilité. Mais, pour cela, celles-ci sont en quelque sorte « menottées» par l’open graph : le système est fermé au sein de Facebook qui ne se contente plus d’avoir une base de donnée énorme d’individus mais bientôt d’entreprises : à ce rythme, dans 10 ans une personne ne fera sans doute plus la différence entre « internet » et Facebook, ce dernier devenant à la fois moteur de recherche, plateforme communautaire, espace média…



